Repenser notre rapport à la Loi 25, au-delà de l’obligation
Repenser notre rapport à la Loi 25, au-delà de l’obligation
❌ La conformité : une obligation vécue comme un fardeau
Dans la majorité des organisations, la Loi 25 est encore perçue comme une contrainte technique ou administrative, une obligation légale à respecter pour éviter les sanctions. On parle de conformité comme on parlerait d’un casse-tête : complexe, lourd, coûteux. Les termes utilisés en disent long sur la posture dominante : échéances, risques, audits, manquements, pénalités.
Cette vision réductrice alimente une approche minimaliste. On cherche à faire ce qu’il faut pour être conforme, ni plus, ni moins. L’objectif devient simplement de traverser le processus, comme on traverserait une inspection, sans s’attarder à sa finalité réelle.
🤔 Et si on inversait la question ?
Et si, plutôt que de demander comment se conformer à la Loi 25, on se posait une autre question, plus essentielle : Pourquoi devrions-nous réellement protéger les renseignements personnels ?
Autrement dit, qu’est-ce qui, au-delà de l’obligation, rend cette démarche légitime et profondément nécessaire ? Cette réflexion change complètement la perspective. Elle nous ramène à ce que la Loi 25 cherche fondamentalement à préserver : non pas des bases de données, mais des personnes.
🧒 Chaque donnée représente une vie humaine
Il est facile d’oublier que derrière chaque renseignement personnel se cache une histoire, une vie, une dignité humaine. Lorsqu’un NAS est compromis, il ne s’agit pas seulement d’un numéro dans un fichier, mais d’un citoyen qui pourrait vivre un vol d’identité et ses conséquences pendant des années. Lorsqu’un dossier médical est mal protégé, ce ne sont pas seulement des données confidentielles qui fuient, mais la santé et la réputation d’un individu qui sont mises en péril.
Lorsque nous acceptons de considérer chaque donnée comme une extension de la personne concernée, alors la protection de ces renseignements prend un tout autre sens. Ce n’est plus une tâche de conformité, c’est un acte de respect.
🛡️ La Loi 25, catalyseur d’une confiance renouvelée
Plutôt que de la subir, certaines organisations choisissent de faire de la Loi 25 un levier pour bâtir une relation de confiance avec leurs parties prenantes. En étant proactives, transparentes et rigoureuses dans leur gestion des données, elles démontrent qu’elles prennent leurs responsabilités au sérieux et qu’elles sont dignes de la confiance qu’on leur accorde.
Prenons l’exemple d’un CPE qui informe les parents de ses pratiques de sécurité et de confidentialité : cela rassure. Ou encore une PME qui revoit l’ensemble de ses formulaires pour ne demander que l’essentiel : cela montre du respect. Même un concessionnaire automobile, en cessant de photocopier des permis de conduire sans justification, contribue à restaurer un lien de confiance avec ses clients.
La conformité devient alors plus qu’une exigence légale : elle devient une preuve de maturité éthique.
🕊️ Réconcilier conformité et valeurs fondamentales
La Loi 25 peut, si on le souhaite, devenir un puissant point d’ancrage pour remettre nos valeurs au cœur de la gestion organisationnelle. Plutôt que de nous demander jusqu’où devons-nous aller pour respecter la loi, posons-nous plutôt la question inverse : que serions-nous prêts à faire pour réellement protéger les gens qui nous font confiance ?
Il ne s’agit plus seulement de se conformer par obligation, mais d’agir par conviction. D’être exemplaires même lorsqu’aucune sanction ne menace. De construire une culture où la protection des renseignements personnels n’est pas un projet temporaire, mais une façon d’être et de faire.
🧭 Replacer le sens au cœur de l’action
Lorsque nous arrêtons de voir la Loi 25 comme un problème à régler et que nous commençons à la considérer comme une opportunité de mieux faire, tout change. Nous passons d’une posture défensive à une posture responsable, proactive, tournée vers l’avenir.
La vraie conformité ne se limite pas à respecter des normes. Elle consiste à incarner des principes. Et dans un monde numérique de plus en plus intrusif, choisir de protéger les renseignements personnels, c’est aussi choisir de protéger la dignité humaine.

