Actualités
et nouvelles tendances

Infolettre

Abonnez-vous pour ne rien manquer!

Enfants et réseaux sociaux : Ce que vous publiez peut les suivre toute leur vie

📸 Un simple cliché… ou une exposition permanente ?

Ce qui peut sembler anodin – publier la photo d’un enfant lors d’une activité éducative, d’une sortie ou d’un moment mignon du quotidien – peut en réalité ouvrir une brèche sérieuse dans sa vie privée. Dans les CPE et les organismes communautaires, les photos sont souvent utilisées pour valoriser les services, rassurer les parents ou illustrer un rapport d’activités. Toutefois, chaque image publiée en ligne échappe rapidement à notre contrôle. Elle peut être copiée, partagée, intégrée dans des bases de données et utilisée à d’autres fins, parfois bien éloignées de l’intention d’origine. Pour les enfants, dont l’identité est en construction, cela signifie une perte de contrôle sur leur image dès leurs premières années de vie, avant même qu’ils aient leur mot à dire.


🧩 Ce que révèle vraiment une photo

Publier une photo, ce n’est jamais publier “juste une image”. Une photo est souvent accompagnée de métadonnées (localisation GPS, date, appareil utilisé), de contextes explicites (nom du CPE, nom de l’enfant, activité spécifique) ou implicites (lieux reconnaissables, uniformes, badges). Autant d’éléments qui peuvent être croisés avec d’autres informations disponibles en ligne, facilitant ainsi l’identification de l’enfant ou de ses proches. On parle alors de “doxxing passif” : sans volonté malveillante de départ, vous créez malgré vous un profil numérique involontaire pour un enfant. Dans le contexte des CPE et OBNL, cette exposition est d’autant plus délicate que l’environnement est censé être protégé, bienveillant et confidentiel.


🤖 L’intelligence artificielle, un facteur de risque amplifié

L’apparition et la démocratisation des technologies d’intelligence artificielle (IA) viennent complexifier encore davantage la question. Aujourd’hui, une photo publiée peut être utilisée pour entraîner des systèmes de reconnaissance faciale sans le consentement des personnes photographiées, y compris des enfants. Les images peuvent aussi être reprises dans des deepfakes ou détournées dans des contextes inappropriés ou menaçants. Une simple photo d’un enfant souriant peut, par des technologies libres d’accès, être manipulée, intégrée à des banques d’images ou même circuler dans des réseaux fermés sans qu’aucune alerte ne soit donnée. Le lien entre une image et une identité devient ainsi une porte d’entrée potentielle à l’usurpation, à la manipulation et à la violation de la vie privée. Dans ce contexte, les dirigeants d’institutions éducatives et sociales ont une responsabilité éthique majeure : anticiper, prévenir et éduquer.


⚖️ La loi ne suffit pas : responsabilité morale et leadership numérique

Certes, le cadre légal encadre la diffusion d’images de mineurs, avec l’exigence d’un consentement écrit des titulaires de l’autorité parentale. Mais le consentement ne signifie pas qu’il est souhaitable ou sécuritaire de publier. Ce n’est pas parce que c’est légal que c’est prudent. Le devoir de protection, surtout dans les milieux de la petite enfance et du communautaire, va au-delà des obligations juridiques : il s’agit d’un engagement à long terme envers les enfants et leurs familles. En tant que dirigeants, vous êtes les garants d’une culture numérique responsable. Cela implique de revoir vos pratiques, de former vos équipes et de vous doter de politiques de communication solides, claires et adaptées aux nouveaux enjeux technologiques.


🛑 Repenser la valorisation… sans exposition

Il est tout à fait légitime de vouloir montrer les bons coups, les activités et la qualité du milieu que vous offrez aux enfants. Mais cela peut (et doit) se faire sans exposition directe. Utilisez des photos floues, des angles où les visages ne sont pas reconnaissables, des illustrations ou des créations d’enfants pour valoriser votre travail. Misez sur le contenu narratif, les témoignages anonymisés, les photos d’ambiance sans visage, ou encore des icônes créatives. Chaque image évitée est une mesure de sécurité gagnée. À l’ère du numérique omniprésent, l’exemplarité des CPE et des OBNL sur ces questions peut inspirer d’autres milieux à adopter des pratiques plus sûres.

Partagez cet article

Catégories

Articles récents

Charles Groleau

Rencontrez Charles Groleau, un expert-conseil chevronné dans le domaine de la conformité à la nouvelle Loi 25 du Québec sur la protection des données personnelles.

Avec une compréhension approfondie des nuances juridiques et une approche proactive, Charles est votre allié de confiance pour naviguer à travers les exigences réglementaires complexes et garantir que votre entreprise soit en parfaite conformité.

Prenez le contrôle et protégez votre patrimoine numérique avec nos services de gestion performants !