À l’ère du numérique, la protection des renseignements personnels est devenue un enjeu de société. Dans les résidences privées pour aînés (RPA) du Québec, ce défi prend une dimension encore plus sensible : les informations collectées concernent une population vulnérable et souvent dépendante. Il est donc essentiel que les gestionnaires de RPA prennent conscience de leurs responsabilités légales, éthiques et opérationnelles en matière de sécurité des données.
Quels types de données sont concernés ?
Les RPA manipulent un grand volume de données sensibles liées aux résidents, à leurs familles et aux employés. Ces informations peuvent inclure :
- Les dossiers médicaux et bilans de santé
- Les coordonnées personnelles (adresse, téléphone, courriel)
- Les renseignements financiers (paiements, assurances, comptes bancaires)
- Les antécédents familiaux ou juridiques
- Les horaires et données du personnel soignant
Toute fuite ou mauvaise gestion de ces données peut entraîner des conséquences graves : vol d’identité, fraudes, perte de confiance ou poursuites judiciaires.
Quels sont les principaux risques ?
Les RPA, comme tout autre organisme, sont exposées à des risques numériques :
- Cyberattaques (rançongiciels, hameçonnage)
- Erreurs humaines (courriels envoyés aux mauvaises personnes, perte d’appareils contenant des données)
- Manque de contrôle des accès : fichiers ouverts à tous les employés sans distinction de rôle
- Utilisation de logiciels non sécurisés ou obsolètes
Dans plusieurs cas, ces failles sont liées à une méconnaissance des bonnes pratiques ou à l’absence de formation du personnel.
Le cadre légal : ce que dit la Loi 25
Depuis l’adoption de la Loi 25 (anciennement projet de loi 64), le Québec a renforcé les obligations des entreprises et organismes publics en matière de protection des renseignements personnels. Pour les RPA, cela signifie :
- Obligation d’avoir un responsable de la protection des renseignements personnels
- Obligation d’obtenir un consentement clair avant de collecter ou partager des données
- Signalement obligatoire à la Commission d’accès à l’information en cas d’incident de confidentialité
- Tenue d’un registre des incidents
- Évaluation des facteurs relatifs à la vie privée (EFVP) lors de tout nouveau projet technologique
Ne pas se conformer peut mener à des sanctions importantes, allant jusqu’à plusieurs millions de dollars pour les grandes organisations.
Quelles bonnes pratiques adopter dans une RPA ?
Pour se conformer à la Loi 25 et assurer la sécurité des renseignements personnels, les RPA doivent mettre en place une stratégie claire et adaptée :
- Nommer un responsable de la protection des données dans l’organisation.
- Former le personnel sur les notions de base en cybersécurité.
- Limiter les accès aux données : seul le personnel concerné devrait y avoir accès.
- Utiliser des logiciels conformes et à jour, avec des protocoles de chiffrement.
- Adopter une politique de gestion des mots de passe forte et encadrée.
- Établir une politique de confidentialité claire, connue de tous.
- Faire des audits réguliers pour détecter les failles potentielles.
Rétablir la confiance avec les résidents et leurs proches
La protection des données personnelles n’est pas qu’un enjeu technique ou légal — c’est avant tout une question de confiance. Les familles veulent savoir que leurs proches sont en sécurité, pas seulement physiquement, mais aussi numériquement. Une communication transparente sur les mesures mises en place renforce la crédibilité de l’établissement.
En conclusion
Les RPA du Québec doivent considérer la protection des données comme une priorité stratégique. En se conformant aux exigences légales et en mettant en place des pratiques rigoureuses, elles protègent non seulement leurs résidents, mais également leur réputation et leur pérennité. Car dans le monde d’aujourd’hui, la sécurité numérique est un pilier de la qualité des soins.

