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Le passeport : Le sommet absolu des données personnelles

Le passeport : le sommet absolu des données personnelles

Parmi tous les documents que nous possédons, le passeport occupe une place à part. Il ne s’agit pas d’un simple identifiant administratif, mais d’un document officiel reconnu internationalement comme preuve d’identité complète et incontestable. Il combine, en un seul support, des informations d’état civil, une photo biométrique, une signature, une nationalité et un numéro unique valide à l’échelle mondiale. C’est précisément cette concentration d’informations sensibles qui en fait une cible de choix pour la fraude et l’usurpation d’identité.

Contrairement à une carte d’assurance maladie ou à un permis de conduire, le passeport permet de franchir des frontières, d’interagir avec des autorités étrangères et de servir de fondement à d’autres documents. Lorsqu’une copie circule hors de votre contrôle, ce n’est pas seulement une donnée qui est exposée, c’est votre identité entière.

Une demande banale… aux conséquences potentiellement graves

Les demandes de copie de passeport sont souvent présentées comme normales, voire rassurantes. Un agent de voyage affirme en avoir besoin pour effectuer une réservation. Un club sportif demande une copie « pour le dossier » avant un déplacement aux États-Unis. Une école ou un organisme invoque la prudence ou la conformité. Ces demandes sont rarement malveillantes, mais elles reposent trop souvent sur des pratiques approximatives et des croyances erronées.

Dans les faits, la majorité de ces situations ne justifie aucune conservation d’une copie de passeport. Dans bien des cas, une simple vérification visuelle suffit. Pourtant, par habitude ou par excès de zèle, on demande, on transmet et on archive des documents qui n’auraient jamais dû quitter les mains de leur titulaire.

« Ce n’est qu’une copie » : une illusion dangereuse

L’un des réflexes les plus répandus consiste à minimiser le risque en se disant qu’il ne s’agit que d’une photocopie ou d’un fichier PDF. Cette perception est trompeuse. En matière de fraude, une copie est souvent aussi exploitable que l’original. Les réseaux criminels n’ont pas besoin de votre passeport physique pour fabriquer de faux documents, ouvrir des comptes ou bâtir des identités frauduleuses.

Une fois la copie envoyée par courriel, téléversée dans un formulaire ou partagée par messagerie, vous perdez toute maîtrise. Vous ne savez plus où le document est stocké, combien de personnes peuvent y accéder, ni combien de temps il sera conservé. Même les organisations bien intentionnées sont rarement équipées pour gérer ce type de document avec le niveau de sécurité qu’il exige.

Le vrai risque : l’accumulation silencieuse et incontrôlée

Le danger ne réside pas uniquement dans la transmission initiale, mais dans ce qui suit. Les copies de passeport s’accumulent sur des ordinateurs portables, dans des boîtes courriel, sur des clés USB ou dans des services infonuagiques mal configurés. Elles sont parfois accessibles à plusieurs employés, bénévoles ou intervenants, sans registre clair ni politique de conservation.

Un vol d’ordinateur, un piratage, une erreur humaine ou un simple départ d’employé peut suffire à exposer ces documents. Et contrairement à un mot de passe, un passeport ne se change pas facilement. Les conséquences peuvent se manifester des mois, voire des années plus tard, souvent à l’étranger, et être extrêmement complexes à corriger.

Les enfants : une vulnérabilité encore plus grande

Lorsqu’il s’agit du passeport d’un enfant, la prudence doit être encore plus grande. Les enfants n’ont aucun moyen de détecter ou de corriger une usurpation d’identité. Une fraude commise à partir de leurs documents peut passer inaperçue pendant des années, jusqu’à l’âge adulte. Pourtant, ce sont souvent leurs passeports qui sont copiés et transmis pour des voyages scolaires, sportifs ou culturels, sans réel cadre de protection.

Accepter ces pratiques sans les questionner revient à exposer inutilement l’identité future de son enfant.

Reprendre le contrôle : poser les bonnes questions

Avant de transmettre une copie de passeport, il est essentiel de ralentir et de poser des questions simples, mais fondamentales. Est-ce réellement obligatoire, ou simplement plus pratique pour l’organisme ? Existe-t-il une alternative, comme une présentation sur place ou la transmission d’informations partielles ? Qui aura accès au document, où sera-t-il conservé et pendant combien de temps ?

Dans bien des cas, le simple fait de poser ces questions suffit à faire tomber la demande. Cela révèle souvent qu’aucune réflexion sérieuse n’a été faite sur la sensibilité du document.

Une règle claire à retenir

Un passeport n’est pas un document banal. Il ne doit jamais être transmis par automatisme ou par pression sociale. Refuser de transmettre une copie n’est ni excessif ni paranoïaque : c’est un geste de protection élémentaire. Protéger son identité, aujourd’hui, passe autant par ce que l’on partage que par ce que l’on choisit de garder sous contrôle.

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